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Publié le
2023 oct. 16PV_Atelier_prise_conscience_conflits_homme_faune_Burundi
En date du 29 juin a été organisé à Muremera (Kigamba) un atelier de Prise de conscience sur les conflits homme-faune et incitation communautaire au respect des réglementations pour une conservation effective au Burundi.
Au présent atelier étaient invités les administratifs à la base dont les chefs collinaires, les responsables techniques dont les moniteurs agricoles et les juges, les corps de sécurité dans la circonscription du site et les représentants des communautés locales et des utilisateurs des ressources naturelles (agri-éleveurs, apiculteurs, les tradipraticiens, les pêcheurs, et des gestionnaires du parc.
Dans son mot de bienvenu, le chef du Parc National de la Ruvubu, Monsieur Marc BAKUNDINTWARI a remercié l’OBPE pour avoir organisé ledit atelier. Il a reconnu que la relation entre l’aire protégée et les communautés riveraines et entachée de quelques irrégularités. D’un côté que les communautés riveraines passent outre la loi et même des activités prohibées. Il s’agit notamment de la pêche illégal avec du matériel inadéquat, de la coupe d’herbes et du bois, des feux de brousse durant la saison sèche, le piégeage et le braconnage des animaux, etc. De l’autre côté, il s’agit des animaux notamment des Buffles qui sortent et ravagent ceux de son environ à l’extérieur dans les propriétés privées. C’est cette situation est à l’origine de malentendu entre les communautés et le parc.
Prenant la parole, Monsieur MASABO Onesphore, a remercié au nom de l’OBPE et du Directeur Général les participants à ce muni atelier. Il a signalé que l’activité de ce jour fait suite des résultats d’exploitation des données collectées au cours d’une étude sur les « Indicateurs sur les conflits entre les Buffles du PN de la Ruvubu et des hippopotames du PN de la Rusizi et les communautés locales riveraines » menée en 2020. A cet effet, il les a aussi remercié sur reconnaissance de la contribution de l’un ou l’autre à répondre au questionnaire d’enquête et /ou pour les informations ou des éclaircissements donnés sur l’une ou l’autre question au cours des travaux de terrain.
A ces mots, il a invité les participants à suivre avec intérêt la présentation du Prof. NKENGURUTSE Jacques sur l’ « Analyse de la cohabitation conflictuelle entre le Parc National de la Rusizi et les populations riveraines ».
Dans sa présentation, Prof NKENGURUTSE a appelé à la protection de la diversité biologique de manière durable et au respect de la réglementation en vigueur.
Il est alors revenu sur l’importance de la mise en place des AP pour le maintien de la biodiversité.
Principale AP en termes d’étendue, il abrite encore de grands mammifères: hippopotames, buffles, différentes espèces d’antilopes mais aussi des crocodiles et des oiseaux aussi bien migrateurs que sédentaires.
Il fait savoir que des résultats d’enquêtes sur (i) Importance du PNR pour les communautés riveraines; (ii) les conflits éventuels entre le parc et les communautés au tour, et (iii) le mode de gouvernance du site et sa perception par la population montrent que :
- 88,5% des enquêtés reconnaissent les services rendu par l’écosystème du PNRuvubu, Les principaux services énumérés sont: la pluie et de l’air pure, de l’emplois octroyé, de bois-énergie, des poissons et de la viande, des fruits et des ressources médicinales, etc.
- 100 % de la population enquêtée reconnaissent les problèmes causés par les animaux du parc.
- Que les facteurs qui influence la Relation entre les communautés et le PNRuvubu sont l’interdiction d’entrée au parc, les dégâts causés par les animaux, les infractions commises dans le parc, les punitions infligées en cas d’infraction et la gouvernance du PNRuvubu.
Les mesures prises par les communautés pour contrer les dégâts concernent: le piégeages comprenant le creusement des fosse, les action de sentinel, et curtains personnes restent indifférentes.
Des proportions respectives de 59%, de 23% et de 18% demandent respectivement une régulation, une protection et une élimination de ces animaux.
Les punitions des infractions commises concernent: la saisies du materiel et du butin, les amandes, la confiscation des animaux domestiques attrapés en pacage dans le parc et éventuellement un emprisonnement des propriétaires.
Pour la gouvernance du PN Ruvubu comme dans toutes les AP du Burundi, une question sans réponse (Non prévue par la loi en vigueur) subsiste : « Les infractions commises par les communautés sont punies mais les communautés ayant subi des pertes occasionnées par les animaux ne sont pas indemnisées ».
Les enquêtés ont soulevés le manque de cadre de collaboration pour trouver des solutions aux problèmes qui les opposent ainsi que le manque des comités communautaires de gestion
86,8 % des enquêtés reconnaissent les actions de sensibilisations en rapport avec la protection de l’environnement en général et des AP en particulier.
Il s’inquiète néanmoins des suites réservées aux mesures prises au cours de ces activités de sensibilisation.
De cette présentation, le responsable du parc a pris la parole et a données des éclaircissements sur les prévisions réglementaires en vigueur qui régissent le Parc National de la Ruvubu en aire protégée.
En conclusion, les résultats montrent que la relation entre le PNRusizi et les communautés au tour n’est pas saine. Les irrégularités concernent surtout le non respect de la réglementation en vigueur d’un côté et d’une loi qui reste muette sur certaines questions qui surgissent et qui n’ont pas été tenues en considération au moment de l’élaboration des textes réglementaires relatives à la gestion des AP. Il s’agit notamment du traitement des questions en rapport avec les dégâts éventuels pouvant être causés par les animaux en dehors des AP.
Les participants ont remercié les organisateurs et sont revenus sur les effets de dégradation de l’environnement en général et de la biodiversité en particulier.
Les suggestions suivantes ont été émises : (1) mettre en place un comité de gestion des conflits, de faire respecter de la réglementation en vigueur par toutes les parties, (2) développer comme alternatifs des besoins de retraits des ressources par les communautés des projets de développement communautaires (notamment l’écotourisme, apiculture, etc. ) et mettre en avant les personnes affectées pour l’appui apporté ainsi que pour le recrutement éventuel.
Par MASABO Onesphore