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Publié le
2023 oct. 16

PV_Atelier_prise_conscience_conflits_homme_faune_Rusizi (Burundi)


En date du 28 juin a été organisé à Gatumba un atelier de « Prise de conscience sur les conflits homme-faune et incitation communautaire au respect des réglementations en vigueur pour une conservation effective au Burundi. 

Au présent atelier étaient invités les administratifs à la base dont les chefs collinaires, les responsables techniques dont les moniteurs agricoles et les juges, les corps de sécurité dans la circonscription du site et les représentants des communautés locales et des utilisateurs des ressources naturelles (agri-éleveurs, apiculteurs, les tradipraticiens, les pêcheurs, et des gestionnaires du parc.

Dans son mot de bienvenu Monsieur ININAHAZWE Pacifique Responsable du Parc National de la Rusizi a remercié l’OBPE pour avoir organisé ledit atelier. Il a reconnu que la relation entre l’aire protégée et les communautés riveraines et entachée de quelques irrégularités. D’un côté que les communautés riveraines passent outre la loi et mènent des activités prohibées. Il s’agit notamment des vastes plantations de maïs et manioc, de riz, de tomates, d’aubergines et autres installées illégalement à l’intérieur du parc, de pêche illégale avec du matériel inadéquat et dans des zones sensibles de frayères, de la coupe d’herbes, du bois et de la carbonisation, des feux de brousse durant la saison sèche, le piégeage et le braconnage des animaux, etc. De l’autre côté, il s’agit des animaux notamment des hippopotames qui ravagent ces champs installés à l’intérieur du parc ou parfois sortent et ravagent ceux de son environ à l’extérieur dans les propriétés privées. C’est cette situation qui est à l’origine de malentendu entre les communautés et le parc.

Prenant la parole, Monsieur MASABO Onesphore, a remercié au nom de l’OBPE et du Directeur Général les participants à ce muni atelier. Il a signalé que l’activité de ce jour fait suite des résultats d’exploitation des données collectées au cours d’une étude sur les « Indicateurs sur les conflits entre les Buffles du PN de la Ruvubu  et des hippopotames du PN de la Rusizi et les communautés locales riveraines » menée en 2020.

Il a rassuré que parmi les participants, l’un ou l’autre aurait participé à répondre au questionnaire d’enquête ou aurait donné des informations ou des éclaircissements sur l’une ou l’autre question au cours des travaux de terrain.

A ces mots, il a invité les participants à suivre avec intérêt la présentation du Prof. NKENGURUTSE Jacques sur l’ « Analyse de la cohabitation conflictuelle entre  le Parc National de la Rusizi et les populations riveraines ».

Dans sa présentation, Prof NKENGURUTSE a appelé à la Protection de la diversité biologique de manière durable et au respect de la réglementation en vigueur.

Il est alors revenu sur l’importance de la mise en place des AP pour le maintien de la biodiversité.

Il a reconnu que PNRusizi est un site important pour sa biodiversité et ses services éco systémiques.

Proche de la capitale Bujumbura (à 14km sur la RN vers Uvira), c’est un potentiel atout pour le développement du Burundi à travers des recettes touristiques. Malgré son importance et fonction écologiques, Le PN Rusizi se situe dans la zone convoitée pour l’installation des infrastructures et l’agriculture ainsi que la mise en œuvre des autres types de projets. Ceci conduit à la dégradation du site, de sa biodiversité et de la perte de ses fonctions pourtant reconnues pour un développement durables des communautés riveraines et lointaines.

Il fait savoir que des résultats d’enquêtes sur (i) Importance du PNR pour les communautés riveraines; (ii) les conflits éventuels entre le parc et les communautés au tour, et (iii) le mode de gouvernance du site et sa perception par la population montrent que :

  • 58,67% des enquêtés reconnaissent les services rendu par l’écosystème du PNR,
  • Une proportion de 82,4% des enquêtés reconnaissent que le parc abrite des animaux de viande délicieuse
  • 84,5% de la population enquêtée reconnaissent les problèmes causés par  les animaux du parc.

Que les facteurs qui influence la Relation entre les communautés et le PNRusizi sont l’interdiction d’entrée au parc, les dégâts causés par les animaux, les infractions commises dans le parc, les punitions infligées en cas d’infraction et la gouvernance du PNRusizi.

Les mesures prises par les communautés pour contrés les dégâts concernent: l’agression physique du personnel du par, le bouchage des voies de sorties des hippopotames, le piégeages comprenant le creusement des fosses et la clotures des champs et certaines personnes restent indifférentes.

Des proportions respectives de 58%, de 23% et de 18% demandent une régulation, une protection et une élimination de ces animaux.

Les punitions des infractions commises concernent: les travaux d’entretien, le réglement à la miable, la confiscation du materiel et saisies, des amandes et éventuellement un emprisonnement.

Pour la gouvernance du PN Rusizi comme dans toutes les AP du Burundi, une question sans réponse (Non prévue par la loi en vigueur) subsiste : « Les infractions commises par les communautés sont punies mais les communautés ayant subi des pertes occasionnées par les animaux ne sont pas indemnisées ».

Les enquêtés ont soulevés le manque de cadre de collaboration pour trouver des solutions aux problèmes qui les opposent ainsi que le manque des comités communautaires de gestion

74%  des enquêtés reconnaissent les actions de sensibilisations en rapport avec la protection de l’environnement en général et des AP en particulier.

Il s’inquiète néanmoins des suites réservées aux mesures prises au cours de ces activités de sensibilisation.

 

En conclusion, les résultats montrent que la relation entre le PNRusizi et les communautés au tour n’est pas saine. Les irrégularités concernent surtout le non respect de la réglementation en vigueur d’un côté et d’une loi qui reste muette sur certaines questions qui surgissent et qui n’ont pas été tenues en considération au moment de l’élaboration des textes réglementaires relatives à la gestion des AP. Il s’agit notamment du traitement des questions en rapport avec les dégâts éventuels pouvant être causés par les animaux en dehors des AP.

Les participants ont remercié les organisateurs et sont revenus sur les effets de dégradation de l’environnement en général et de la biodiversité en particulier.

Sur base de ces résultats, le constat est qu’il se remarque que la relation entre le PNRusizi et les communautés au tour n’est pas saine. Les suggestions suivantes ont été émises : mettre en place un comité de gestion des conflits, le respect de la réglementation en vigueur par toutes les parties, développer comme alternatifs des besoins de retraits des ressources par les communautés des projets de développement communautaires (notamment l’écotourisme, l’élevages de petits animaux (lapins et volailles, apiculture, etc. ) et mettre en avant les personnes affectées.

                                                                                                                  MASABO Onesphore