Note de présentation du projet de décret mettant en place une plateforme interministérielle d’intégration sectorielle de la biodiversité

Un des points faibles qui ont handicapé la mise en œuvre de la stratégie sur la biodiversité (première génération) est le manque de cadre de collaboration avec les différents acteurs qui s’est traduit par le manque de coordination de tous les ministères pour leur implication dans la gestion de la biodiversité. Chaque ministère a sa propre mission et élabore sa propre politique sectorielle et ses propres documents de stratégies nationales très souvent d’une manière isolée. Dans la mise en œuvre de leurs documents de politique, plusieurs ministères font des interventions sans mesurer leur portée environnementale. Ainsi, suite au manque de cadre de concertation et de coordination, plusieurs actions dégradantes de la biodiversité sont menées par divers ministères. Sur le plan du droit interne, le Code de l’environnement du Burundi prévoit notamment que l’Etat et les collectivités locales, les organismes publics et parapublics ainsi que les opérateurs privés sont, en vertu des responsabilités qui leur sont distributivement confiées par la réglementation en vigueur, tenus principalement :

  • d'utiliser rationnellement les ressources naturelles dont la biodiversité en veillant à leur efficacité économique conformément aux exigences de la conservation et de l'amélioration de la qualité de l'environnement, en assurant les conditions de régénération et de développement des ressources naturelles, notamment dans le secteur forestier;
  • de prendre des mesures nécessaires pour la prévention ou la limitation des phénomènes susceptibles de porter atteinte à l'environnement;
  • d'adopter les mesures appropriées aux fins d'informer et d'éduquer les citoyens en vue de leur participation active à la préservation et à la mise en valeur de l'environnement burundais ;
  • d'intégrer dans leurs projets la protection de l'environnement et la mise en place de programmes permettant d'assurer une meilleure connaissance de l'environnement du Burundi;

De même, l’article 88 du même code prévoit que la préservation de la diversité biologique, la reconstitution des écosystèmes dégradés et la régénération des espèces animales et végétales menacées ou en voie de disparition constituent une obligation incombant à l'Etat, aux collectivités locales et aux personnes privées, physiques ou morales. C’est donc pour parer au manque de cadre de collaboration avec les différents acteurs et répondre aux obligations ci-haut citées que le présent Décret de mise en place d’une plateforme interministérielle d’intégration de la biodiversité est élaboré.