Poissons du Burundi: Lexique des noms kirundi

Page de garde du lexique des noms kirundi, poissons

Ce lexique a été élaboré sur base de données recueillies ici et là dans les documents déjà existants et à travers des enquêtes et observations directes effectuées sur terrain. Ce document montre que les communautés locales ont depuis longtemps manifesté une importance particulière à l'égard de la nature essentiellement la biodiversité dont la connaissance traditionnelle assez profonde leur a permis la dénomination et la différenciation de la quasi totalité des poissons qu'elles avaient l'habitude de voir, manipuler et consommer.
La production du présent document a été motivée par l'impérieuse nécessité de donner plus de chances à la population burundaise, surtout les jeunes, de connaître les espèces qu'elle voit souvent, qu'elle n'a pas encore vues ou qu'elle ne verra certainement pas suite aux divers facteurs responsables de la disparition d'une partie de l'ichthyofaune tant lacustre que fluviatile.
Ce document constitue sans doute le premier lexique des noms kirundi résultant de la compilation des données recueillies soit sur terrain soit dans diverses études de recherche effectuées à l'Institut National pour l'Environnement et la Conservation de la Nature et à l'Université du Burundi.
En analysant de près ce lexique, on constate que les noms kirundi donnés à certaines espèces prouvent bien que les Burundais ont, depuis longtemps, des capacités techniques d'observation pratiquement exceptionnelles leur permettant de regrouper les poissons selon leurs caractères morphologiques et physionomiques distinctifs.
En effet, toutes espèces des familles comme Mochocidae, Clariidae, Mormyridae, Mastacambelidae, etc. portent des noms kirundi respectivement Akangohongoho, Isomvyi ou Ikambare, Ikiragi, Umurombo. Il est très impressionnant de constater que les Burundais, ont tenter de différencier les différentes espèces des Cichlidae, une famille très riche et dont la détermination des espèces n'est toujours pas aisée. On remarquera ainsi que « Impeka » regroupe toutes les espèces du genre Tropheus, « Igipopo » pour le genre Xenotilapia et Igifyunu pour Bagrus docmac.
En fonction des différentes régions du pays, il y a lieu de remarquer qu'une seule espèce peut avoir plus d'une dénomination. Cela ne facilite pas bien l'usage de ce lexique dans l'idenfication de certaines espèces. Cela devient encore très compliqué si un nom est donné à différentes espèces qui n'appartiennent pas souvent à une même famille. C'est le cas de «Ingege» pour Barbus toppini de la famille des Cyprinidae et pour Oreochromis niloticus de la famille des Cichlidae.