Atelier de sensibilisation des acteurs clés pour investir dans l’Ecotourisme au Burundi

En date du 18 Novembre 2019 s'est tenu dans les enceintes de l’Hôtel Best Outlook Hôtel un atelier de sensibilisation des acteurs clés pour investir dans l’écotourisme au Burundi dans le cadre du programme de recherche, échange d’information, sensibilisation et conservation de la biodiversité au Burundi établi entre l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB) et l’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement (OBPE).

Etaient présents :

Le Directeur Général de l'Office National du Tourisme (ONT), le Directeur Général de l’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement (OBPE), le Gestionnaire de l'Arboretum de Kajaga, le Représentant du Chambre Sectoriel de l'Hôtellerie et du Tourisme, les Représentant des Hôtels, et les différents cadres du Ministère de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Elevage , les journalistes des radios locaux ainsi que les cadres de l’OBPE et de l'ONT.

Le Directeur General de l’OBPE délégué par  Monsieur le Ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage qui était dignement empêché a procédé à l'ouverture de l’atelier (Figure 1a) en remerciant les participants d’avoir répondu à l’invitation.

Dans sa brève allocution, il a précisé l’objectif de l’atelier qui n’est autre que de donner des renseignements et des éclaircissements qui inspirent les acteurs clés à prendre des mesures et des décisions nécessaires pour la conservation et la valorisation des écosystèmes au Burundi en tirant profit des services qu’ils rendent à l’homme à travers l’Ecotourisme.

Il a défini l’écotourisme, a montré son importance ainsi que les secteurs et les éléments de la biodiversité (faune et flore) intéressant les touristes. Non seulement que le tourisme constitue un potentiel économique pour le pays, il réduit aussi la pauvreté, génère des revenus étrangers et contribue à la conservation des écosystèmes.  Ainsi donc, le Burundi dispose des sites naturels, culturels et matériels ; et aussi des sites de loisirs écotouristiques.

Actuellement, le gouvernement du Burundi a consenti des efforts pour la mise en place des outils de conservation et de gestion durable des milieux touristiques pour en tirer profits. Ils sont focalisés sur certaines Aires Protégées ainsi que dans les Parcs Nationaux de la KIBIRA et RUVUBU. Néanmoins, le pays connaît quelques contraintes dans l’aménagement de son écotourisme à savoir l’allocation du budget, la disponibilité d’un personnel qualifié et suffisant dans le domaine. D’où, le développement du tourisme intérieur reste à sensibiliser à tous les niveaux, de même des efforts doivent être fournis pour attirer des investisseurs étrangers.

Enfin, l’atelier vise à opérer une amélioration dans le domaine de l’écotourisme qui constitue un levier de conservation et de lutte contre la pauvreté.

La figure 1b montre la vue d'ensemble des différents participants à l'atelier.

Mot d'ouverture du DG de l'OPBE

 

Vue d'ensemble des participants à l'atelier

 

Figure 1 a: Mot d'ouverture du DG de l'OBPE Figure 1 b: Vue d'ensemble des participants

 

Ensuite, les participants ont suivi une séance des présentations:

La première présentation intitulée « Les indicateurs de la valeur économique du tourisme basé sur l’observation des hippopotames du secteur Delta au Parc National de la RUSIZI » a été faite par Monsieur Fofo Alphonse (Figure 2 a).

 Il a présenté les résultats d’une étude qui a été faite au niveau du secteur Delta du Parc National de la RUSIZI. Il a signalé la situation géographique du parc National de la RUSIZI, sa localisation, sa superficie, sa richesse floristique basée sur deux espèces dominant à savoir l’Acacia polyacantha et Fragmites mauritianus

A côté de cette richesse de flore, il a indiqué plusieurs espèces d’oiseaux, de poissons, de reptiles, d’amphibiens ainsi que des invertébrés constituent une richesse de faune parmi lesquels, les plus caractéristiques du Delta sont : l’hippopotame, les oiseaux et le crocodile.

Il a mis au courant des participants que le Parc National de la Rusizi constitue un beau paysage panoramique, à son affluant au lac Tanganyika et au pont concorde sur la RN4 et est situé à proximité des 2 villes, celle de Bujumbura et celui d’Uvira.

En ce qui concerne l’état du tourisme au Parc National de la Rusizi, il y a deux guides touristiques, deux pirogues motorisées et jumelles et depuis l’année 2016 jusqu’à décembre 2018, le nombre de visiteurs a augmenté conséquemment, les recettes ont augmenté indique-t-il.

Mais, toutefois, signale-t-il, le tourisme dans le Parc National de la Rusizi connaît des menaces comme la réduction et la dégradation de l’habitat des animaux, le braconnage, la diminution des visiteurs due à l’insécurité. L’insuffisance d’infrastructures et d’équipement de qualité, l’absence de réseau avec les autres pays de la sous-région, le faible niveau de participation des riverains et des opérateurs privés dans le secteur. A cela s'ajoute l’insuffisance et /ou manque de publicité sur la beauté du secteur Delta, la faible capacité du secteur à optimiser son attractivité pour les visiteurs tant résidents que non-résidents, l’improvisation non réfléchie des activités d’aménagement de la piste principale et la lutte contre le Lantana camara indique-t-il.

Avant de terminer sa présentation, il a donné les Indicateurs de la valeur économique du tourisme au Parc National de la Rusizi qui sont les suivants:

  • Une gamme d’indicateurs de la valeur économique du tourisme au Parc National de la Rusizi avec objectif global et spécifiques dans cette étude a été recensée. Il s’agit de :
  • la conservation des populations des hippopotames et leurs habitats ;
  • le renforcement des capacités du parc ;
  • l’augmentation des recettes touristiques dans le secteur Delta.

Il a conclu en disant que le Parc National de la Rusizi est aux potentialités touristiques évidentes mais qu'il se heurte aux problèmes financiers, matériels et humains qui sont adéquats ainsi que le faible niveau d’implication de tous les intervenants dans le secteur touristique pour assurer une bonne gestion du parc.

La deuxième présentation intitulée « promotion Ecotouristique basée sur les services écosystémiques des Aires Protégées du Burundi » a été faite par Monsieur MASABO Onesphore (Figure 2 b).

Il a indiqué que le développement de l’écotourisme au Burundi est marginal et connait des défis non moins importants à savoir :

  • Le manque d’infrastructures écotouristiques
  • L’engouement d’investir dans le secteur, la disponibilisation d’un personnel qualifié dans le domaine qui requièrent encore des efforts considérables des parties prenantes
  • La faible allocation budgétaire dans le domaine
  • L’absence de la plaidoirie en faveur du paiement des services écosystémiques et environnementaux
  • Un manque de cadre de collaboration des parties prenantes dans le domaine.

Pour arriver à une promotion satisfaisante des produits écotouristiques, il faut disposer de bons produits et adapter une bonne technique de vente par marketing et communication, production des magazines, médiatisation, usage des réseaux sociaux. Faire de l’exposition et organisation des foires sur l’écotourisme, l’établissement des partenariats avec les autres entreprises touristiques, le postage et la mise à jour des informations sur le site web et la promotion de l’écotourisme domestique indique-t-il.

Il a conclu que le tourisme est aujourd’hui considéré par le Gouvernement du Burundi ainsi que les Etats membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est comme étant un pilier essentiel du développement national et surtout aussi un mécanisme permettant de réduire la pauvreté, de générer des revenus étrangers et contribuer à la conservation de la faune. Les données récentes du Kenya montrent que le tourisme est la seconde source de devises après l’agriculture ; représente 11% du PIB du pays et assure 9 à 10% de l’emploi national. Le Burundi n’est pas encore à la hauteur du Kenya, mais des produits alternatifs et complémentaires à ceux des autres pays de l’Afrique de l’Est ont été déjà identifiés et peuvent être mieux organisés pour leur vente.

Présentation par Mr Fofo Alphonse

 

Présentation par Mr MASABO Onesphore

 

Figure 2 a: Présentation par Fofo Alphonse Figure 2 b: Présentation par Masabo Onesphore

 

Les différentes interventions de la part des participants (Figure 3 a & b) ont constaté que le manque de guides touristiques outillés et qualifiés constitue une menace pour l’écotourisme au Burundi ; ils ont demandé s'il n’y a pas moyen d’importer des animaux exotiques pour enrichir les aires protégées du Burundi afin d'augmenter les produits touristiques. En réponse à cette dernière question, il a été dit qu'une étude préalable est nécessaire avant d’introduire des animaux étrangers.

Intervention du DG de l'OBPE

 

Intervention du gestionnaire de l'arboretum de Kajaga

 

Figure 3 a: Intervention du DG de l'OBPE Figure 3 b: Intervention du gestionnaire de l'Arboretum de Kajaga

 

Recommandations:

Avant la clôture de l'atelier, des recommandations suivantes ont été émises :

  • Former les guides touristiques  sur le tas ou recourir au redéploiement du personnel déjà formé ;
  • Organiser des week-ends écotouristiques à l’endroit des riverains ;
  • Repeupler les aires protégés avec des petits mammifères comme les écureuils, pour  rendre ces milieux plus attractifs ;
  • Récupérer tous les animaux en captivité ;
  • Produire un plan de guidage comme outil pour les  guides touristiques;
  • Développer l’écotourisme communautaire ;
  • Améliorer une planification réussie de l’écotourisme au Burundi ;
  • Mettre en place un plan de renforcement des capacités techniques, matérielles et financières des institutions gestionnaires du secteur écotouristique liés au service écosystémique au Burundi ;
  • Engager des accords de partenariat avec les opérateurs privés, les voyageurs et les populations locales ;
  • Améliorer et diversifier les produits écotouristiques dans les aires protégées ;
  • Améliorer la répartition des retombées économiques du tourisme pour les principales parties prenantes en particuliers les populations locales ;
  • Mettre en place un système de financement adapté ;
  • mettre en place des outils de suivi et d’évaluation ;
  • Mobiliser des Fonds pour accroître la valeur des services écosystémiques des aires -mettre en place des outils de suivi et d’évaluation ;
  • Créer des écoles qui forment les guides touristiques ;
  • Identifier et aménager les sites d’intérêt touristique et les circuits y relatifs ;
  • Identifier les différents intervenants pour leur consultation et leur collaboration dans le développement de l’entreprise écotouristique ;
  • Assurer le renforcement des capacités techniques et matériel et l’encadrement des acteurs de la promotion de l'écotourisme ;
  • développer l’écotourisme communautaire ;
  • Organiser un autre atelier regroupant plus d’acteurs et plus de partenaires;
  • Etablissement des ordonnances conjointes impliquant l’Office Burundais pour la Protection de l'Environnement (OBPE) et l'Office National du Tourisme (ONT) pour la gestion du tourisme ;
  • Penser à rapatrier les gorilles du Burundi transportés vers le Kenya lors de la crise de 1993.

En fin, le Directeur Général de l'OBPE a procédé à la clôture de l'atelier en remerciant encore une fois tout le monde présent et en les exhortant de répondre positivement à l’invitation la prochaine fois une fois qu’ils sont invités

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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