Projet « Amélioration de l’efficacité du système d’aires protégées pour la conservation de la biodiversité au Burundi à travers l’engagement des parties prenantes »

Pade de garde du rapport du Projet « Amélioration de l’efficacité du système d’aires protégées pour la conservation de la biodiversité au Burundi à travers l’engagement des parties prenantes »

Le projet avait pour objectif le renforcement des capacités du Système de gestion des Aires Protégées du Burundi (SAPB) pour la conservation de la biodiversité. Il s’est focalisé sur le renforcement des capacités institutionnelles des organes en charge de la protection et de la gestion des Aires Protégées (AP) et le renforcement des capacités de gestion participative y compris les riverains des AP et les administrations locales riveraines. Beaucoup de progrès ont été réalisés en la matière aussi bien sur le plan de l’élaboration des textes de lois, la conduite des études aussi bien techniques que thématique, la dotation d’outils et l’amélioration des conditions de travail et du renforcement des capacités techniques du personnel de l’OBPE dans divers domaines relatifs à la gestion des AP et la conservation de la biodiversité.

La loi No 1/10 du Mai 2011 portant création et gestion des AP au Burundi a été traduite en Kirundi et vulgarisée. Elle n’est malheureusement pas applicable car elle manque des textes d’application surtout pour les aspects importants par rapport au renforcement des capacités de gestion participative des AP. La loi sur la biodiversité qui aurait supplée partiellement à cette carence a été proposée et son avant-projet est sur la table du Gouvernement depuis 2013. Les instances habilitées de l’OBPE sont encouragées à élaborer des textes d’application de la loi sur les AP notamment dans sa dimension des droits d’usages des ressources des AP telles la pêche, la collecte du bois morts, la cueillette des légumes ou des plantes médicinales, etc. ce qui réduiraient l’usage abusif des ressources des AP.

L’OBPE a pu bénéficier d’une dotation d’équipements informatiques et en matériel roulant, d’un manuel des procédures administratives et financières, de la réhabilitation des bureaux de l’OBPE et de quelques infrastructures dans les parcs comme deux postes de patrouilles, un au PN Kibira et un autre au PN Ruvubu, des bureaux pour les gestionnaires du Parc National de la Ruvubu, des formations sur divers thématiques aussi bien au Burundi qu’à l’extérieur et des voyages d’étude. La participation des communautés riveraines a déjà produit ses effets au niveau de la protection, le recours aux ressources naturelles pour des besoins de consommation des ménages a fortement diminué ; les braconniers se sont convertis en remettant leurs matériels et équipements de chasse et piégeage ; actuellement ils font partie des comités des riverains, y compris les Batwa, chargés d’appuyer la protection des parcs.

Des coupe-feux ont été aménagés et les feux de brousse ont diminué de 20%, la population des animaux doit avoir augmenté car, par exemple, des troupeaux de buffles se rapprochent maintenant des habitations dans le PNR et de nombreux babouins s’observent régulièrement sur la Route Nationale 19 qui traverse le PNR et dans des zones qu’on ne les avait jamais vus au PNK. Cela a été rendu possible par la constitution de 112 comités collinaires couvrant toutes les 112 collines riveraines, 18 comités communaux couvrant les 18 communes riveraines et 8 comités intercommunaux couvrant les 8 provinces riveraines des 2 PN. Des améliorations notables ont été observées grâce à l’organisation des patrouilles conjointes et séances de sensibilisation. Suite à l’insuffisance des ressources financières du projet, le volet relatif aux activités de développement socioéconomiques en faveur des populations riveraines n’a pas connu suffisamment de progrès si on considère les besoins des populations riveraines de ces deux parcs.

Néanmoins, 3310 chèvres et 500 porcins ont été distribuées au profit de 57 groupements agro éleveurs d’environ 4400 ménages, 530 000 plants d’arbres agro forestiers ont été produits et distribués et 7 groupements d’apiculteurs regroupant environ 400 ménages ont été créés et appuyés en matériel apicole. Notons en passant qu’un groupement d’apiculteurs de Kivyuka en commune Musigati a déjà acheté une propriété d’Eucalyptus de 0,5 Ha avec des fonds provenant du miel.